Notre Liban en urgence… Appel pour une inscription au vote !*

©Mariette Pfister, lors d’une manifestation commémorative des Libanais à Paris un an après l’explosion à Beyrouth, 4 aôut 2021

Cher Libanaises et Libanais expatriés,

Notre Liban a atteint le fond des fonds du chaos, de l’effondrement, des crises économiques, de l’instabilité sociale et de l’autonomie gouvernementale. Les dirigeants corrompus insistent à creuser, à approfondir les problèmes, et à prolonger la durée du processus pour un rétablissement économique, culturel et social.
C’est le moment de tenir les responsables comptables : les élections législatives qui auront lieu en Avril 2022.

C’est maintenant qu’il faut agir pour faire sortir le Liban de sa torpeur ! C’est maintenant qu’il faut démontrer l’appartenance nationale !

Les Libanaises et Libanais expatriés qui souhaitent voter, doivent s’inscrire aux élections jusqu’au 20 novembre 2021.

Le 20 novembre 2021, dernière chance pour participer au changement, pour récupérer une identité et réanimer un pays mis forcément sous anesthésie. 

Pourquoi participer?    

Pour le Liban, pour restaurer sa liberté, sa souveraineté et son indépendance. Nous ne voulons plus dépendre des aides internationales : « voter » c’est la réponse ! Inscrivez-vous !   

Pour Beyrouth, la capitale dévastée par la négligence et l’irresponsabilité, pour les victimes et leurs familles, contre les obstructions aux enquêtes. Inscrivez-vous ! 

Pour le peuple libanais souverain, pour son droit à une vie décente, à la stabilité du pays, à une économie durable, aux opportunités. Inscrivez-vous !    

Pour les jeunes privés de leur éducation, notamment les étudiants de l’université libanaise, pour leur avenir, pour leur droit à une université nationale laïque et à un système d’éducation avancé, à la recherche et à l’information. Inscrivez-vous !    

Pour les patients privés de leurs médicaments, pour le droit pour tous à l’assurance maladie, pour une assurance vieillesse.  Inscrivez-vous !     

Pour l’environnement, le Cèdre, la nature et le patrimoine. Inscrivez-vous !

Pour la liberté d’expression. Contre la corruption. Inscrivez-vous ! 

Pour la souveraineté du Liban, son identité et son indépendance, sauvez le pays de son cauchemar en vous inscrivant maintenant pour voter … c’est notre devoir citoyen !    

Mira Al Ayass

*Les propos de l’auteure réflètent son opinion personnelle et n’engagent en rien la responsabilité de la rédaction du journal.

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Le vote des expatrié.e.s

Alors que beaucoup de Libanaises et de Libanais sont expatriés, un vote à l’étranger n’est possible que depuis les dernières élections en 2018. Avant, pour voter, il fallait se rendre au Liban le jour des élections – un obstacle énorme pour les expatrié.e.s. La question du vote des Libanais expatrié.e.s est très politique, prenant en compte leur grand nombre.

En effet, s’il n’y a pas de chiffres officiels et exacts car (pour des raisons politiques dû au caractère proportionnel et communautaire du système politique) il n’y a pas eu de recensement officiel depuis 1932, le nombre de Libanaises et Libanais possédant un passeport libanais est estimé à 5,5 millions, dont un quart habitait à l’étranger en 2018, taux qui devrait avoir accru depuis cette date en raison des crises multiples qui incitent les Libanaises et Libanais – surtout les jeunes – à chercher des possibilités pour quitter leur pays au moins temporairement.

La rédaction (Mariette Pfister)

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Le Liban, pays en crises

Le Liban se retrouve aujourd’hui face à des crises multiples. Si le pays a connu une instabilité politique depuis longtemps, cette dernière s’est accentuée durant les dernières années. En octobre 2019, beaucoup de Libanaises et Libanais ont participé aux manifestations contre le gouvernement, l’obligeant à démissionner.

Depuis février 2020, la pandémie a créé des effets dévastateurs sur l’économie libanaise qui se base notamment sur des investissements étrangers.

En août 2020, une double explosion au port de Beyrouth a détruit une partie de la capitale, dont des maisons domestiques, des bâtiments historiques et de l’infrastructure (hôpitaux, écoles, etc.), et a fait environ 200 morts et 6500 blessé.e.s, renforçant la crise économique, sociale et politique. De ces suites, le gouvernement, qui était au courant des dangers que les tonnes de nitrates d’ammonium stockées au port de Beyrouth présentaient, démissionne. Pourtant, comme toujours au Liban, la création d’un nouveau gouvernement se montre très difficile, les élites politiques ne veulent pas coopérer, ne veulent pas perdre de pouvoir. Plusieurs candidats échouent. Pendant 11 mois, il n’y a pas eu de gouvernement institué. 

Depuis plus d’un an, la situation économique au Liban compte comme une des pires crises économiques que le monde ait jamais connu. Pour les Libanaises et Libanais, qui avaient il y a encore quelques années, pour une grande partie d’entre eux, un standard de vie comparable à celui des Françaises et des Français, ceci a des effets directs sur la vie quotidienne : le pouvoir d’achat a baissé énormément, des produits de première nécessité sont devenus rares et chers, notamment les médicaments et le carburant.

La rédaction (Mariette Pfister)

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Nos articles sur le Liban : https://citeunie.org/liban-apres-la-revolution-cest-la-desillusion/

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