Être volontaire, c’est se déclarer pour l’humanité circulaire

INAUGURATION DU JARDIN COLLECTIF DE LA CITÉ U EN 2015 ©CIUP

Le volontariat permet de ne pas garder pour soi ses compétences, connaissances, savoirs être mais de les faire circuler aux bénéfices d’autres personnes tout en prenant à son tour ce qu’elles ont à donner. Une expérience très positive et pourtant pas toujours valorisée parmi celles et ceux qui exercent le métier d’étudiant. Petit tour d’horizon motivationnel. 

Être ou avoir été volontaire est lourd de sens et mérite que l’on s’arrête un instant sur ce mot. Tout d’abord être volontaire est un état actif. Il résulte d’un acte de volonté, par définition non contraint. Une personne volontaire est donc celle qui fait preuve de liberté et de volonté. En résumé, être volontaire, c’est faire ce que l’on veut de son temps, un luxe bien contemporain. 

Dans le quotidien, les amis volontaires valent de l’or. Ils vous aideront à préparer ce repas pour ces 10 personnes. Ils iront vous faire un café, même vous l’apporter alors que vous avez une gueule de bois après avoir traîné trop longtemps dans la cuisine de votre maison, ou jadis aux soirées du mercredi à la Mina. Ces amis font preuve de volontariat : d’action, d’engagement, d’aide, d’altruisme, de générosité de leur temps. Au-delà du cercle d’amis pourquoi ne pas être volontaire, pas loin de la maison, dans la ville, dans la région ou hors du pays, du continent ? Essayons ici d’apporter quelques éléments de motivation. 

Tout d’abord, les programmes de volontariat constituent une formidable opportunité pour apprendre, enseigner, interagir, s’améliorer, se différencier. Le monde offre d’innombrables occasions d’être volontaire : défis de l’éducation, de l’information, de l’environnement, de la migration, de la faim et de la pauvreté, de l’exclusion, de l’isolement. 

Si certes la situation épidémique ne permet pas de partir loin de chez soi, ces défis sont devant nous, littéralement. N’est-ce pas dans l’ADN de la CIUP d’être responsable sur les plans environnemental et social ? Des migrants n’ont-ils pas planté leurs humbles tentes à l’arrière de la maison du Portugal ? Des sans-abris ne mendient-ils pas dans le RER juste de l’autre côté du trottoir ? Dans ce contexte de crise sanitaire et sociale, des étudiants de la CIUP ne sont-ils pas précaires ou sur le fil de la précarité ? 

N’existe-t-il pas des initiatives étudiantes dans cette CIUP ? Quid des dizaines sinon centaines d’ONG basées à Paris ? 

Les occasions ne manquent pas et le volontariat est magique. Avec lui rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Ce que vous donnez de temps, d’énergie, d’expériences, de connaissances, de quelque manière que ce soit, vous le recevez en retour. 

Pour les étudiants internationaux, le volontariat peut permettre d’apprendre la langue de l’endroit où nous nous trouvons. Les universités et écoles parisiennes n’offrent pas toujours un terrain d’apprentissage idéal du français. C’est bien dommage car la langue conditionne un indéniable chemin d’accès, privilégié, à une culture et à sa compréhension. On peut toujours comprendre plus ou moins une langue étrangère mais s’exprimer est souvent plus difficile. 

De manière plus intéressée, être volontaire peut être un bon pari pour votre propre avenir. Concrètement, vous pouvez aussi apprendre la langue locale dans un but d’amélioration de votre employabilité : vos efforts interculturels, de tolérance et de persévérance, nécessaires à l’apprentissage de nouvelles exigences linguistiques seront valorisés. Dans le futur, même si la langue n’est pas indispensable pour le poste, l’on reconnaîtra les heures de travail acharné et la bravoure dont vous avez fait preuve. Imaginez si cette maîtrise linguistique s’est patiemment formée lors d’une mission de volontariat. Bingo ! You get the job. 

“Le volontariat permet de devenir un “passeur” de ses connaissances, compétences, savoir-faire et savoir-être plutôt qu’uniquement les produire et consommer pour soi”

La plupart des étudiants quittent l’université avec peu ou pas d’expérience de travail. De ce point de vue, l’année 2020 a été une année quasi blanche pour beaucoup. Plus que jamais, le volontariat constitue un moyen efficace de se forger des premières expériences et réseaux. 

Pourquoi cette période de confinement ne vous permettrait-elle pas de préparer une mission de volontariat à l’étranger ? Une manière d’utiliser le temps du confinement pour contourner le problème de l’emploi en préparant un projet pour plusieurs mois. A titre d’exemple, l’Union européenne a créé de nombreux programmes de volontariat tels “European Solidarity Corps”. 

Les missions de volontariat sont aussi des terrains propices pour apprendre à gérer une diversité, ce sont des espaces de dialogues par excellence. Sans dialogue, impossible de développer des projets. La réussite des missions de volontariat, comme en administration ou en entreprise, résident en quelques principes tels la prise de recul des différents volontaires, le respect du temps de parole de l’autre, le partage des décisions. On y apprend en fait à communiquer pour avancer. Un élément précieux pouvant servir une personne dans ses études, son travail. 

Finalement, être volontaire, c’est faire le pari de donner et recevoir différemment qu’à l’université. C’est faire le choix de l’expérience qui ne peut s’acquérir qu’en vivant pleinement. Et on en a bien envie en ce moment ! Le volontariat, c’est l’occasion de prendre ce qu’on n’a pas et de donner ce qu’on a. Il permet de ne pas garder pour soi ses compétences, connaissances, savoirs êtres mais de les faire circuler aux bénéfices d’autres personnes tout en prenant à son tour ce qu’elles ont à donner. Le volontariat permet de devenir un “passeur” de ses connaissances, compétences, savoir-faire et savoir-être plutôt qu’uniquement les produire et consommer pour soi. 

C’est en quelque sorte une humanité circulaire. 

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