La Chine, future superpuissance économique 

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Alors que j’effectue des recherches, assis sur mon lit, sur la rapide ascension de la Chine au rang de superpuissance, je remarque une certaine peur, une appréhension générale à l’idée que cette éventualité ne se réalise un jour. Pourquoi ? Qu’impliquerait une suprématie chinoise à l’échelle internationale ?

Tandis que l’Amérique de Trump se replie sur elle-même, la Chine poursuit sa progression. Le pays est parvenu à un stade où ses liens et ses réseaux commerciaux sont si entremêlés que la moindre variation de son économie a des répercussions mondiales. Selon Bloomberg, par exemple, les importations chinoises de charbon ont chuté de 30 % en 2015. L’Australie, qui compte pour 40 % de ces importations, en a payé les pots cassés.

S’il s’est passé beaucoup de choses depuis l’investiture du nouveau président des États-Unis, la décision – pour le moins intéressante – de ce dernier d’abandonner l’accord de partenariat transpacifique (TTP) pourrait s’avérer avantageuse pour la Chine, en fonction de la conduite adoptée par le pays sur la scène internationale. Lors du Forum économique mondial, en janvier dernier, le président chinois s’est fait le chantre de la mondialisation et des échanges internationaux pour les douze États signataires du traité. Dans son discours, Xi Jinping a défendu fermement les termes de l’accord et fait valoir les bénéfices socio-économiques de la mondialisation. La Chine s’établie ainsi peu à peu comme chef de file, ayant renforcé avec succès la position des parties prenantes. Par ailleurs, la Chine est favorable à ce traité pour une raison cruciale : en tant que plus grande économie du groupe, celui-ci ne peut qu’accroître son influence.

Auparavant fustigée pour son irresponsabilité, la Chine est désormais érigée en leader mondial des marchés internationaux et des accords de libre-échange – un retournement de situation pour le moins surprenant. L’administration Trump est persuadée que l’abandon du traité fera « beaucoup pour les Américains ». La mesure est cependant déroutante, dans la mesure où les États-Unis doivent à ces mêmes principes leur propre montée en puissance.


Selon le dirigeant chinois, « ceux qui poussent au protectionnisme s’enferment eux-mêmes dans une chambre noire. Ils échappent certes au vent et à la pluie, mais manquent d’air et de lumière. Personne ne sortira vainqueur d’une guerre commerciale. » Et c’est bien de guerre commerciale dont il s’agit. Depuis huit ans, les relations sino-américaines se heurtent à des contraintes de plus en plus lourdes qui mettent à rude épreuve la patience et la maîtrise des deux États. Pékin et Washington ont tous deux imposé des restrictions commerciales, tout en respectant les règles en vigueur du commerce international. Mais la position inflexible du nouveau président américain sur le commerce pèse sévèrement sur les relations commerciales, à une époque où l’interdépendance s’avère plus que jamais essentielle pour la survie des échanges.

Ce qui nous intéresse ici est de savoir si une ascendance économique de la Chine pourrait sérieusement menacer la puissance et l’influence américaines. Si quatre décennies de politiques économiques en évolution et d’accords commerciaux bilatéraux semblent révéler un manque d’intérêt de la Chine, les derniers scénarios politiques pourraient bel et bien faire naître de telles intentions. La croissance du PIB chinois se maintient à 6,7 % depuis plus de trois trimestres ; une stabilité à tout le moins éloquente. À court terme, la Chine demeurera très probablement en tête du classement mondial en termes de PIB grâce à la progression de son revenu par habitant.

Alors que les conceptions du monde évoluent, la Chine devient le chantre incontestable de la mondialisation. Le pays a connu une transformation spectaculaire, passant d’une économie agraire à une économie de fabrication avant de devenir une puissance industrielle à part entière, et ce en l’espace d’une vingtaine d’années.

Le message d’ouverture de Xi Jinping sert l’image de la Chine et renforce sa présence sur la scène internationale, tandis que les autres États se tournent vers l’Empire du milieu pour assumer le rôle de chef de file et nouer des liens commerciaux. Cela n’aurait pas été possible sans la contribution involontaire de Washington. « Si l’on entend que la Chine montre désormais la voie à suivre, ce n’est pas parce que le pays s’est soudainement autoproclamé chef de file, mais parce que ceux qui tenaient jusqu’à présent les rennes se sont subitement écartés, propulsant la Chine au premier rang », a déclaré Zhang Jun, un agent du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une entrevue avec des journalistes étrangers.

Alors que chaque nation ambitionne de diriger le monde, la Chine n’est plus qu’à quelques pas de la ligne d’arrivée. Mais malgré ce que l’auteur de cet article vous a amené à croire, tout n’est pas si simple. En réalité, depuis le retrait des États-Unis du TTP, de nombreux États estiment que l’accord ne survivra pas. Et ce n’est pas tout. Une myriade d’autres raisons expliquent que la Chine est tout bonnement incapable de dépasser les États-Unis à court terme. Le plus gros défi auquel le pays doit faire face est son énorme retard technologique. Malgré la croissance stable de son PIB, la Chine demeure un pays pauvre ; des années seront nécessaires pour combler son retard et éventuellement atteindre le niveau de vie de l’Américain moyen. Pour couronner le tout, le soft power chinois est à la traîne, loin derrière les États-Unis. Le fait que nous utilisions le terme « Amérique » pour nous référer aux États-Unis alors que le nord du continent abrite deux autres immenses pays illustre parfaitement son influence. La Chine fait également face à des défis historiques, dans la mesure où l’Empire du milieu est fondamentalement très différent de l’Occident, vers lequel la plupart des pays du monde se tournent encore, en quête de changement et de progrès.

Étant donné le peu de familiarité du monde envers la Chine, le processus sera probablement long, en particulier dans les domaines politique, culturel et artistique. Pékin a certes les moyens financiers d’attirer de nouveaux alliés et de moderniser son armée, mais est encore bien loin d’exercer la suprématie internationale dont bénéficient les États-Unis d’Amérique.

Par Arushi Mukherji

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